Une affaire entre deux hommes qui se déchirent depuis des années
Édouard Levrault juge ces propos "gravement diffamatoires" et réclame 30 000 euros de dommages-intérêts. L'ex-ministre ne sera pas présent à l'audience et sera représenté par son avocate, Me Jacqueline Laffont.
Cette confrontation judiciaire plonge ses racines dans une vieille inimitié. Lorsqu'il était encore avocat, Dupond-Moretti avait qualifié les méthodes du juge Levrault de "méthodes de cow-boy". Nommé ministre de la Justice en juillet 2020, il avait maintenu des enquêtes administratives contre quatre magistrats, dont Levrault. En septembre 2022, le Conseil supérieur de la magistrature avait blanchi le juge, estimant qu'il n'avait pas divulgué d'information secrète lors d'une interview, infligeant un sérieux camouflet au ministre.
Un contexte judiciaire et numérique sous pression
Parallèlement, Dupond-Moretti avait lui-même été jugé pour "prise illégale d'intérêts" devant la Cour de justice de la République, accusé de s'être servi de ses fonctions pour régler ses comptes avec plusieurs magistrats. Il avait été relaxé en novembre 2023.
Ce type d'audience médiatisée génère une pression croissante sur les systèmes d'information judiciaires parisiens. La dynamique du marché des datacenters parisiens en 2026 illustre précisément cette montée en charge : les besoins de stockage, de diffusion sécurisée et d'archivage des données judiciaires ne cessent de croître. À l'heure où la startup française C12 annonce, ce même 16 avril, une feuille de route vers un ordinateur quantique intégrable dans un datacenter d'ici 2033, la justice parisienne dépend déjà massivement d'infrastructures numériques robustes pour gérer ses audiences à fort enjeu.
C12 prévoit notamment un système baptisé "Panopeia" intégrant plus de 100 000 qubits physiques dans un espace de 17 mètres carrés. Une révolution annoncée qui pourrait, à terme, transformer le traitement des données sensibles au sein des institutions, y compris judiciaires. Les critères de souveraineté numérique prennent ici tout leur sens, notamment pour des juridictions traitant des affaires impliquant d'anciens membres du gouvernement.
La 17e chambre correctionnelle rendra sa décision à une date ultérieure, à l'issue d'un délibéré dont le calendrier n'a pas encore été communiqué. La bataille judiciaire entre Dupond-Moretti et Levrault est loin d'avoir livré son épilogue.