Un feu vert judiciaire pour l'extension du campus FR2
Le datacenter parisien de CyrusOne, implanté dans la zone d'activités économiques de Wissous, franchit une nouvelle étape décisive. La Cour administrative d'appel de Versailles a validé l'enregistrement préfectoral ICPE du 19 novembre 2021, qui autorise la deuxième phase du projet. Cette décision du 2 avril 2026 fait suite à un premier succès judiciaire à l'automne 2025, quand la même juridiction avait déjà confirmé le permis de construire pour cette même phase.
Le projet consiste à convertir un ancien entrepôt logistique en un datacenter de grande capacité, destiné à Amazon Web Services. La deuxième phase porte spécifiquement sur la création de deux nouvelles salles informatiques, venant compléter les installations déjà opérationnelles du campus FR2. Pour en savoir plus sur les dynamiques d'implantation dans la région, l'article Datacenter Paris : 7 zones d'implantation clés en Île-de-France détaille les secteurs les plus prisés autour de la capitale.
Des opposants qui n'ont pas dit leur dernier mot
La décision n'a pas convaincu tout le monde. Trois associations de riverains et d'habitants avaient saisi la justice, dénonçant un morcellement artificiel du projet en phases distinctes pour éviter une évaluation environnementale plus contraignante. La Cour a rejeté cet argument, estimant que les phases sont bien autonomes et échelonnées dans le temps de façon légitime.
Les magistrats ont également jugé suffisantes les mesures acoustiques mises en place, dont un arrêté préfectoral de février 2024 imposant des dispositifs anti-bruit. L'impact paysager a lui aussi été écarté, le site s'inscrivant dans une zone à vocation industrielle. Malgré ces conclusions, les associations annoncent un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État. La municipalité de Wissous, de son côté, conteste toujours le permis de construire.
Ce bras de fer juridique illustre les tensions croissantes autour des grandes infrastructures numériques en Île-de-France, dans un contexte où le cadre législatif évolue rapidement. Le Sénat a récemment classé les grands datacenters franciliens projets d'intérêt national majeur, une reconnaissance qui pourrait peser sur les futures procédures contentieuses. Par ailleurs, d'autres acteurs avancent leurs pions dans la région, à l'image de Mistral AI, qui finance la construction de son méga-datacenter de 44 MW à Bruyères-le-Châtel.
Avec cette validation judiciaire, CyrusOne peut donc poursuivre le développement de son campus FR2, l'un des sites les plus stratégiques de la région parisienne pour l'hébergement de charges cloud hyperscale. La décision définitive sur le permis de construire, encore contesté par la commune, reste néanmoins attendue pour lever la totalité des incertitudes pesant sur le calendrier de livraison des nouvelles salles.