Une loi pionnière contre les centres de données énergivores
Le vote a suivi en grande partie des lignes partisanes, avec une majorité de démocrates en faveur du texte et la plupart des républicains contre, même si quelques voix républicaines ont soutenu le projet à la Chambre. Aucune exemption pour des projets déjà annoncés n'a été incluse dans la version finale adoptée.
Des projets locaux au cœur des tensions
La gouverneure Janet Mills, candidate à un siège au Sénat fédéral, a publiquement soutenu un projet de 550 millions de dollars à Jay, dans une ancienne usine papetière. Elle avait tenté, sans succès, de faire inclure une dérogation pour ce site dans le texte de loi. Les élus locaux de Jay ont demandé son veto si aucune exception n'était accordée.
La ville de Bangor a de son côté voté de façon indépendante une interdiction municipale de six mois sur les centres de données. L'autre site visé par le moratoire se trouve à l'ancienne base aérienne de Loring, à Limestone. Ces projets sont directement liés à la vague de construction mondiale de centres de données dédiés à l'intelligence artificielle, dont la demande énergétique explose.
Un signal fort dans un débat national
Le Maine n'est pas le seul territoire à s'interroger sur l'impact de ces infrastructures numériques. Au niveau fédéral, Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont porté un projet de loi similaire pour un moratoire national sur les centres de données IA, qui avait déjà créé une vive polémique dans la Silicon Valley. Le vote du Maine pourrait donner un élan concret à ces initiatives fédérales.
Le texte prévoit la création d'un conseil de coordination, doté de 95 000 dollars, chargé d'évaluer l'impact des centres de données sur le réseau électrique et les communautés locales, et de formuler des recommandations d'ici la fin du moratoire. En France, le débat suit une trajectoire inverse: le Sénat a récemment classé les grands centres de données parisiens en "projets d'intérêt national majeur" pour en accélérer le déploiement, tandis que Mistral AI construit un méga-datacenter de 44 MW en Île-de-France. Au 16 avril 2026, la gouverneure Mills n'avait pas encore rendu publique sa décision.