Un modèle hybride inédit en zone dense
En parallèle, une centrale géothermique sera construite sous le stade Louison Bobet. Les forages sont prévus en 2026 et 2027, pour un démarrage opérationnel début 2029. La nappe aquifère exploitée, située à plusieurs centaines de mètres de profondeur, atteint 60°C et permettra de produire 90 GWh supplémentaires chaque année.
Les deux sources alimenteront ensemble le réseau de chaleur Kalita à hauteur de plus de 120 GWh par an. La part d'énergies renouvelables et de récupération dépassera alors 75 %, un taux inédit pour une agglomération aussi dense, selon la Ville. C'est précisément ce type d'intégration territoriale que les acteurs du marché des datacenters à Paris en 2026 cherchent aujourd'hui à valoriser.
70 millions d'euros pour chauffer Levallois à -30 %
L'investissement total du projet s'élève à 70 millions d'euros, financés par le groupe Idex, avec 15 millions de l'ADEME. La Ville s'attend à des économies de fonctionnement de 650 000 euros par an dans ses bâtiments publics.
Pour les abonnés du réseau de chaleur, la promesse est une baisse du prix moyen allant jusqu'à 30 % à compter de la mise en service complète. La stabilité tarifaire est aussi au cœur de l'argumentaire : les ressources locales géothermiques et thermiques sont, par nature, insensibles aux variations des marchés internationaux de l'énergie.
Ce projet s'inscrit dans un mouvement plus large de valorisation des datacenters franciliens comme actifs énergétiques de territoire. À titre de comparaison, Mistral AI a levé 830 millions d'euros pour bâtir un méga-datacenter de 44 MW près de Paris à Bruyères-le-Châtel, illustrant l'accélération des infrastructures numériques en Île-de-France.
Un modèle à reproduire dans la région parisienne
L'opération reste rare à cette échelle en France. Elle démontre qu'un datacenter peut dépasser son rôle d'infrastructure numérique pour devenir un fournisseur de chaleur urbaine. La densité de l'Île-de-France, longtemps vue comme un frein aux grands projets énergétiques, se révèle ici un atout : la proximité entre le datacenter de Clichy et le réseau de chaleur de Levallois rend le couplage techniquement et économiquement viable.
La question de la réplicabilité se pose désormais pour d'autres communes de la petite couronne. Les sept zones d'implantation clés des datacenters en Île-de-France recèlent des sites potentiellement éligibles à ce type de valorisation thermique, notamment dans les zones de forte densité de data centers comme La Défense, Saint-Denis ou Vitry-sur-Seine.
---