Un chantier stratégique au sud de Paris
La configuration technique est particulièrement ambitieuse. Les 13 800 GPU Nvidia GB300, organisés en environ 192 racks NVL72, offriront chacun près de 11,5 pétaflops de puissance de calcul en FP8. La mémoire partagée par rack atteindra 13,5 téraoctets via l'architecture NVLink. Pour les acteurs qui s'interrogent sur les standards du marché francilien, notre analyse des coûts, puissance et tendances des datacenters parisiens en 2026 donne un point de comparaison utile.
Ce datacenter s'inscrit dans un mouvement plus large de souveraineté numérique européenne, au moment où la France cherche à réduire sa dépendance aux hyperscalers américains comme Microsoft Azure ou Google Cloud. Le sujet de la souveraineté des datacenters est d'ailleurs devenu un critère de sélection central pour les grandes organisations.
Un financement de 830 millions d'euros pour concrétiser l'ambition
Le lancement des travaux a été rendu possible par une levée de dette record de 830 millions d'euros, bouclée auprès d'un consortium de sept banques. BNP Paribas, HSBC, MUFG et Bpifrance figurent parmi les établissements engagés. Il s'agit du premier financement par dette de Mistral AI, un signal fort envoyé aux marchés sur la solidité du projet.
Nous avions détaillé cette opération financière dans notre article consacré à la levée de dette de Mistral AI pour son méga-datacenter de 44 MW près de Paris. L'Île-de-France confirme ainsi son attractivité comme pôle d'accueil pour les infrastructures numériques de grande envergure, une dynamique documentée dans notre tour d'horizon des 7 zones d'implantation clés en Île-de-France.
Mistral prévoit par ailleurs de monter à 200 MW de capacité à l'échelle européenne d'ici fin 2027, avec un site supplémentaire en Suède représentant un investissement de 1,2 milliard d'euros annoncé en début d'année. Un campus IA de 1,4 GW, développé en partenariat avec MGX, Bpifrance et Nvidia, est également prévu avec un démarrage des travaux au second semestre 2026 et une mise en service en 2028.
La mise en service du datacenter de Bruyères-le-Châtel reste attendue pour le deuxième trimestre 2026. Ce site sera alors l'un des clusters GPU les plus puissants d'Europe, positionant la France en concurrent direct des superclusters développés par les géants américains de l'intelligence artificielle.