Un financement record pour l'IA européenne
Mistral a délibérément choisi la dette plutôt que l'equity pour éviter de diluer son capital. Une décision cohérente avec la trajectoire de la startup, dont le revenu annuel récurrent est passé de 20 à 400 millions de dollars entre début 2025 et février 2026, avec un objectif d'un milliard de dollars annoncé pour fin 2026.
Le datacenter parisien, situé à Bruyères-le-Châtel au sud de la capitale, sera opéré par Eclairion, spécialiste français de l'infrastructure IA. Mistral y est l'anchor tenant, dans un modèle de colocation qui lui permet de concentrer ses ressources sur le développement de modèles. Pour comprendre les logiques d'implantation en Île-de-France, notre dossier sur les 7 zones clés pour un datacenter en région parisienne détaille pourquoi l'Essonne s'est imposée comme un choix stratégique.
13 800 GPU Nvidia GB300 pour rivaliser avec les géants américains
Le site sera équipé de 13 800 GPU Nvidia Grace Blackwell GB300, répartis sur environ 192 racks NVL72. La puissance de calcul atteindra 276 exaflops en FP4, avec une capacité électrique de 44 MW allouée. Ces chiffres positionnent le cluster comme l'un des plus puissants d'Europe continentale. Arthur Mensch, CEO de Mistral AI, a insisté sur la portée souveraine du projet : des données hébergées exclusivement en Europe, accessibles aux gouvernements, aux acteurs de la défense et aux grandes entreprises souhaitant s'affranchir des hyperscalers américains.
Nvidia qualifie de son côté le partenariat de "transformationnel" pour l'écosystème européen. La mise en service est fixée à fin juin 2026, soit un calendrier particulièrement serré au regard de l'ampleur du déploiement matériel. Notre analyse détaillée sur l'entrée en phase opérationnelle du datacenter de Mistral AI à Bruyères-le-Châtel revient sur les étapes techniques de ce lancement.
Un premier pas vers 200 MW de capacité IA en Europe
Bruyères-le-Châtel n'est que le point de départ d'une ambition bien plus large. Mistral vise 200 MW de capacité de calcul IA en Europe d'ici fin 2027. Un second cluster est déjà annoncé en Suède pour 1,2 milliard d'euros, et un campus de 1,4 GW est en projet pour une mise en service autour de 2028.
Ce mouvement s'inscrit dans un contexte législatif favorable : le Sénat français a récemment classé les grands datacenters en projets d'intérêt national majeur, accélérant les procédures d'autorisation. À l'inverse, certains élus américains poussent pour un moratoire sur la construction de datacenters IA, ce qui renforce indirectement l'attractivité de l'Europe pour ce type d'infrastructure. Mistral rachète également Koyeb, spécialiste de l'infrastructure serverless, pour compléter sa stack technique et proposer une offre cloud souveraine à part entière.