Une fusion à 1 500 milliards de dollars autour du datacenter orbital
L'accord, conclu en all-stock, valorise xAI à 250 milliards de dollars et intègre sous un même toit SpaceX, Starlink, X et Grok. L'ambition affichée est de dépasser les limites physiques des centres de données terrestres, confrontés à des problèmes croissants d'alimentation électrique et de refroidissement. Pour contextualiser l'ampleur de cette transformation, les coûts et tendances 2026 des datacenters montrent déjà à quel point ces contraintes pèsent sur les opérateurs au sol.
Le projet orbital prévoit le déploiement de satellites équipés de modules de calcul en orbite basse terrestre. L'énergie solaire y est disponible en continu, et le vide spatial assure un refroidissement radiatif passif, sans recours au réseau électrique. SpaceX a déposé auprès de la FCC des plans pour jusqu'à un million de satellites formant un cloud IA décentralisé, lancés par Starship à un coût cible de 10 dollars le kilogramme.
Starship comme colonne vertébrale logistique
Le pari industriel repose entièrement sur la montée en cadence de Starship. SpaceX vise des vols horaires avec des charges utiles de 200 tonnes. En 2025, Starlink représentait déjà 10 des 18,5 milliards de dollars de revenus du groupe, soit 54 % du total.
Mais la fusion pèse aussi sur les finances. L'intégration de xAI a généré près de 5 milliards de dollars de pertes en 2025, aggravée par les 12,5 milliards de dette hérités du rachat de l'ex-Twitter. Le financement de la série E de 20 milliards de xAI ne devrait couvrir que 18 à 20 mois d'opérations. Un IPO est prévu en 2026 pour lever les fonds nécessaires à la construction du réseau satellitaire. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte où les géants de la tech cherchent à contourner les obstacles réglementaires croissants sur les infrastructures numériques, comme en témoigne le projet de loi de Sanders et AOC pour un moratoire sur les datacenters IA.
Un pari technologique qui soulève des doutes
Les analystes restent partagés. La durée de vie des satellites en orbite basse, estimée entre cinq et sept ans, correspond à peu près à l'obsolescence des GPU, ce qui complique le calcul économique. La résistance aux radiations et l'impossibilité de maintenance sur site constituent d'autres défis majeurs.
Des acteurs terrestres comme Mistral AI continuent de leur côté de miser sur l'infrastructure au sol. Le datacenter de Mistral AI à Bruyères-le-Châtel, avec ses 13 800 GPU Nvidia GB300 et 44 MW de puissance, illustre une approche radicalement différente. La décision de SpaceX de montrer que le calcul peut quitter la Terre reste un signal fort, même si la rentabilité du modèle orbital ne devrait pas être démontrée avant 2028 au plus tôt.