Un nouveau département structuré dès le 1er janvier 2026
Spie Building Solutions a formalisé cette nouvelle entité à partir du 1er janvier 2026. Le département est placé sous la direction d'Eric Pieterarens, directeur du développement datacenter, et de Florian Clément, nommé chef du département.
L'offre couvre l'ensemble du cycle de vie des infrastructures numériques : conception, construction, rénovation et optimisation. Elle s'adresse aussi bien aux hébergeurs professionnels qu'aux clients finaux disposant de leur propre infrastructure.
Eric Pieterarens parle d'un "défi passionnant qui s'inscrit pleinement dans la stratégie de Spie France sur les enjeux de transition numérique, énergétique et industrielle". Le positionnement de Spie vise à capter une part du marché français en pleine accélération, porté par l'essor de l'intelligence artificielle et des besoins massifs en puissance de calcul. Pour mieux cerner les dynamiques financières et géographiques de ce secteur, on peut se référer à l'analyse publiée sur les coûts, puissances et tendances des datacenters parisiens en 2026.
Un marché français sous pression énergétique
La France occupe aujourd'hui la troisième place parmi les hubs européens de stockage de données. Les projections sectorielles anticipent un triplement de la capacité installée entre 2024 et 2030, porté par l'IA générative et les grandes manoeuvres des acteurs technologiques mondiaux.
La consommation électrique des centres de données devrait passer de 415 TWh en 2024 à près de 945 TWh en 2030 à l'échelle mondiale. Pour la France, cette pression se traduit par une course aux investissements, illustrée notamment par le mégaprojet de Mistral AI à Bruyères-le-Châtel, ou par le recensement des sept zones d'implantation stratégiques en Île-de-France.
Ce contexte a aussi poussé le législateur à agir. Le Sénat a classé les grands projets de centres de données parmi les initiatives d'intérêt national majeur, et l'Assemblée nationale a été saisie en urgence pour encadrer leur implantation sur le territoire.
Une réponse industrielle à un enjeu de souveraineté
La création de ce département par Spie s'inscrit dans une tendance plus large : les grands acteurs du BTP et des services techniques multiplient leurs offres spécialisées pour accompagner la montée en charge des infrastructures numériques françaises. L'efficacité énergétique devient un critère de compétitivité central, à l'heure où le PUE et les systèmes de refroidissement conditionnent la rentabilité d'un site.
La France ambitionne de devenir le premier hub datacenter européen. Pour y parvenir, la performance énergétique des nouvelles installations sera déterminante, face à des concurrents comme les Pays-Bas ou l'Irlande qui disposent d'une avance significative en capacité installée.