Un rassemblement de collectifs anti-datacenters à Paris
Le programme s'articule en deux temps. À 18h30, un premier débat pose la question "Pourquoi critiquer les datacenters, l'IA et la société numérisée ?" Puis à 19h45, des représentants de collectifs locaux prennent la parole pour témoigner de leurs luttes sur le terrain, notamment à Vitry-sur-Seine, Wissous, Fouju et Le Bourget. La soirée se conclut par un apéro convivial accompagné de tables de presse.
Une opposition qui s'organise face au boom des datacenters franciliens
Le mouvement critique directement la multiplication des zones d'implantation de datacenters en Île-de-France, jugeant cette densification comme une menace pour le réseau électrique et les territoires. Les organisateurs comparent ces infrastructures aux méga-bassines, présentant les centres de données comme des "colonies numériques" au service de l'IA et de la compétitivité internationale.
Ce contexte s'inscrit dans une effervescence législative et économique. Le Sénat a récemment classé les grands projets franciliens comme projets d'intérêt national majeur, une décision qui accélère les implantations et cristallise les tensions. De leur côté, des acteurs comme Mistral AI avancent à marche forcée, avec son datacenter de Bruyères-le-Châtel désormais opérationnel à 44 MW et 13 800 GPU Nvidia.
La contestation ne se limite pas à la France. Outre-Atlantique, Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont porté un projet de loi pour un moratoire sur les datacenters IA, signe que la résistance citoyenne gagne du terrain à l'échelle internationale. En France, l'Assemblée nationale est saisie en urgence du texte encadrant leur implantation, ce qui pourrait rebattre les cartes pour les prochains mois.
Le débat du 17 avril entend ainsi poser les bases d'une coordination régionale des opposants, dans une région qui concentre à elle seule l'essentiel de la capacité d'hébergement numérique du pays.